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    Dansaekhwa - 단색화

    L'appel du vide

    Alors le Dansaekhwa, c'est quoi ? 

    En coréen "Dansaekhwa" (단색화) signifie "Peinture Monochrome" (Dansaek - 단색 - Monochrome | Hwa - 화 - Peinture). Ce terme fut utilisé pour la première fois en 1975 par le critique d'art Lee Yil (이일​) lors de l'exposition "Five Korean Artists, Five Kinds of White" à la Tokyo Gallery. Mais ce n'est que 25 ans plus tard que le mot Dansaekhwa fut formalisé comme mouvement par le critique et commissaire d'exposition Yoon Jin-Sup (윤진섭) à la Biennale de Gwangju en 2000. Ce mouvement deviendra dès lors le visage à l'international de l'art contemporain coréen pendant de nombreuses années. 

    La spécificité annoncée de ce mouvement était l'utilisation récurrente de teintes neutres - gris, marron, beige et blanc. Néanmoins, selon Park Seo-Bo, un des fondateurs du mouvement, cette définition et le terme même de "Dansaekhwa", serait un abus de langage. Il dira dans une interview : "Ce n'est pas l'aspect tonal qui distingue notre mouvement des autres. Ce terme découle d'un point de vue occidental ; c'est un nom créé pour inscrire ce mouvement dans le contexte de l'histoire de l'art occidental. En réalité, l'art du Dansaekhwa ne réside pas tant dans la couleur que dans l'essence même de l'action."

    Ce que ces artistes cherchaient n'avait rien à voir avec une palette neutre. C'était quelque chose de beaucoup plus radical : se servir de la peinture non pas pour exprimer quelque chose, mais pour faire le vide en soi. Répéter un geste jusqu'à ce que l'ego s'efface, et laisser la toile être la trace de cette pratique, et non son but. Park Seo-Bo faisait le parallèle avec les moines qui frappent inlassablement leur tambour de bois pour atteindre le zen. En effet, dans la tradition bouddhiste coréenne, le vide n'est pas une absence. C'est un espace actif, fertile, c'est quelque chose que l'on cultive.

    Le Dansaekhwa prend racine dans une Corée profondément marquée par les conflits majeurs du XXe siècle. La colonisation japonaise (1910-1945), puis la guerre de Corée (1950-1953) ont laissé le pays exsangue et divisé. C'est dans ce climat lourd que grandit la génération fondatrice du mouvement. Une génération qui commencera sa vie d'adulte sous la dictature du général Park Chung-Hee (1961-1979). Une époque de modernisation ultra-rapide mais très brutale, où la liberté d'expression n'avait que peu de place.

    Pour bien comprendre le Dansaekhwa il me semble judicieux d'évoquer un autre mouvement qui, dans ce même contexte, se voulait radicalement différent : l'Art Minjung (민중미술). Là où le Dansaekhwa se tournait vers la méditation, l'effacement de soi et la répétition infinie du geste, l'Art Minjung faisait de l'art une arme politique directe (peintures murales, banderoles, gravures sur bois) pour réclamer la démocratie et lutter contre la dictature ainsi que toutes ingérences étrangères. Les artistes de ce mouvement se considéraient en opposition directe avec le Dansaekhwa, qu'ils accusaient d'élitisme et d'absence d'engagement politique. Deux réponses à la même époque, deux façons de se libérer d'un héritage étouffant. L'Art Minjung, poursuivait une libération politique face à l'oppression du régime. Le Dansaekhwa, lui, cherchait une libération culturelle et spirituelle en tentant de se réapproprier une identité propre face aux influences occidentales et japonaises.

    Voyons comment cette philosophie s'incarne concrètement dans le travail de quelques artistes majeurs du mouvement.


    Park Seo-Bo (1931-2023) - 박서보

    Park Seo-Bo est l'un des fondateurs du Dansaekhwa et il définit ainsi les fondements de son propre travail : "Ce que j'ai compris au fil des années, c'est que je dois faire le vide pour pouvoir absorber les éléments dont j'ai besoin, afin de me rendre plus complet. Et pour faire le vide, je dois accomplir des actions répétitives." Une prise de conscience née, dit-il, de longues conversations avec Kim Iryeop (nonne bouddhiste, écrivaine et militante féministe) en 1955. C'est de cet état méditatif, presque de transe, que naîtra Écriture - 描法, sa série principale commencée à la fin des années 1960. 

    À partir de 1983, il incorpore du papier traditionnel coréen appelé hanji, fabriqué à partir d'écorce de mûrier, dans ces tableaux.  Cette incorporation donnera naissance à ses tableaux, de loin, les plus connues. Il fait tremper ce papier dans l'eau pendant des semaines pour le rendre malléable, avant de l'appliquer en couches successives sur la toile. Il façonne ensuite cette surface avec divers outils (bambou, tiges en acier, ses mains), encore et encore, jusqu'à ce que crêtes et sillons émergent de la matière et donnent son rythme propre à la toile. Ce que le spectateur voit n'est pas une composition pensée à l'avance. C'est la trace matérielle d'une pratique, d'un geste répété jusqu'à l'effacement de soi.

     Parc Seo-Bo, Écriture No.070429, 2007

    Parc Seo-Bo, Écriture No.070429, 2007, Technique mixte avec du papier coréen "Hanji" sur toile, 97,5 x 130 cm

     Park Seo-Bo, Écriture No.130924, 2013

    Park Seo-Bo, Écriture No.130924, 2013, Technique mixte avec du papier coréen "Hanji" sur toile, 170 x 130 cm


    Kim Tschang-Yeul (1929-2021) - 김창열

    Kim Tschang-Yeul a consacré cinquante ans de sa vie à un seul motif : la goutte d'eau. Des centaines de milliers de gouttes peintes. Chacune identique, chacune unique. Un geste qui, comme chez Park Seo-Bo, n'a rien d'une obsession pour la forme, c'est une obsession pour l'action elle-même. C'est de l'ordre de la survie.

    Né en Corée du Nord sous occupation japonaise, Il a fui vers le sud après la libération en 1945 et ne revit jamais sa famille. Pendant la guerre de Corée, enrôlé de force, il fut témoin de la mort de nombreux de ses camarades. C'est des années plus tard, installé dans son atelier à Paris, hanté par le passé et enveloppé par le silence de la solitude, que la goutte d'eau a surgi : "Je me recroquevillais dans l'atelier comme un moine, comme un ermite, ne vivant pas différemment de quelqu'un en pleine quête spirituelle. [...] C'est là que mes gouttes d'eau sont nées. Dans ce moment de détresse absolue, à la fois financière et spirituelle, la goutte a jailli." Elle lui permit ainsi d'effacer ses angoisses et de "vivre sans peur".

    Néanmoins, les gouttes ne portent aucun sens, insistait-il. Leur répétition non plus. Ce vide de sens est précisément le point le plus important. Peindre sans intention, sans message. Et pourtant, dans la répétition infinie du geste, soigner ce que les mots ne peuvent pas atteindre. Une dévotion absolue à la forme choisie : "On fait ce qui doit être fait, sans notion du temps, sans notion de fin."

     Kim Tschang-Yeul, Recurrence PA1991, 1991

    Kim Tschang-Yeul, Recurrence PA1991, 1991, Encre et huile sur toile, 194,5 x 162,5 cm

     Recurrence PBL 08007 2008

    Kim Tschang-Yeul, Recurrence PBL 08007, 2008, Acrylique et huile sur toile, 162.2 x 130.3cm


    Ha Chong-Hyun (1935) - 하종현

    Tout au long de son œuvre, Ha Chong-Hyun a constamment exploré les propriétés des matériaux et ce qu'il était possible d'en faire. Et encore une fois le geste, l'action est au cœur de la philosophie de l'artiste. Ici le geste en question est le bae-ap-beop (배압법), ou méthode de pression par l'arrière. Plutôt que d'appliquer la peinture sur le devant de la toile, Ha Chong-Hyun la pousse depuis le dos d'une toile de jute. La peinture traverse alors la toile pour former des perles en surface, sur lesquelles il n'a que peu de contrôle. C'est la matière qui décide. Il accepte ces formes telles qu'elles viennent, sans les corriger.

    Le choix de la toile de jute n'est pas anodin. Il s'agissait d'un matériau extrêmement commun pendant la guerre de Corée (sac de sable, transport de matière première, etc.). En réutilisant ces matériaux, il fait directement référence aux difficultés, à la résilience et à la pauvreté de la Corée d'après-guerre. Et c'est via cet héritage que le matériau même lui permet d'échapper à toute influence occidentale. "Mon travail est né d'une question : comment travailler d'une manière qui s'oppose aux méthodes typiques de l'Occident ? C'est pourquoi j'ai choisi d'utiliser de la toile de jute plutôt qu'une toile traditionnelle. Je pense que le Dansaekhwa est né de l'idée que cette quête pouvait former son propre mouvement distinct."

    Sa série Conjunction, commencée en 1974 et qu'il poursuit jusqu'à aujourd'hui, porte bien son nom. Le titre renvoie aux connexions que crée le geste de l'artiste; entre l'intention et l'accident, entre l'endroit et l'envers, entre ce qui est voulu et ce qui émerge. Car ce n'est pas l'artiste qui décide du résultat. C'est la rencontre, la conjonction, entre l'artiste et sa toile.

     Ha Chong-Hyun, Conjunction 16-390, 2016

    Ha Chong-Hyun, Conjunction 16-390, 2016, Huile sur toile de jutte, 162 x 130 cm

     Ha Chong-Hyun, Conjunction 17-20, 2017

    Ha Chong-Hyun, Conjunction 17-20, 2017, Huile sur toile de jutte, 162 x 130 cm

    Détails d une peinture de Ha Chong-Hyun, Conjunction

    Détails d'une de ces peintures, Conjunction. Vous pouvez voir les perles de peinture qui traversent les mailles de la toile de jute.


    Yun Hyong-Keun (1928-2007) - 윤형근

    Yun Hyong-Keun a survécu à l'occupation japonaise, à la guerre de Corée, à l'emprisonnement et même à de la torture sous la dictature de Park Chung-Hee. Une vie traversée par une violence que peu de personnes peuvent imaginer. Et pourtant, ses toiles ne crient pas de douleur. Elles absorbent l'obscurité.

    Il est célèbre pour n'utiliser que deux couleurs : la terre d'ombre brûlée et le bleu outremer. Il les dilue abondamment à la térébenthine et les laisse se répandre, généralement sur une toile de lin brute, couche après couche et souvent avant que la précédente ne soit encore sèche. Les formes ainsi obtenues (larges colonnes verticales, silhouettes de portes ou de fenêtres) semblent absorber la lumière plutôt que la refléter. 

    "Le thème central de ma peinture, c'est la porte entre le ciel et la terre. Le bleu est la couleur du ciel, tandis que la terre d'ombre est la couleur de la terre", expliquait-il. On pourrait y voir une référence directe au Cheon-ji-in (천지인) : Ciel-Terre-Humain. Il s'agit d'un concept fondamental de la philosophie coréenne qui postule que l'univers est composé de ces trois forces égales et interdépendantes. Mais en superposant le bleu céleste et la terre d'ombre terrestre, il fait en sorte que les couleurs se confondent, s’assombrissent, jusqu'à s'effacer. L'union du Ciel et de la Terre ne cherche pas à faire resplendir la toile, au contraire, elle ouvre une porte, un passage, vers le silence absolu. "Je veux peindre ce quelque chose qui est rien, qui m'inspirera sans fin à continuer." Choisir le vide comme destination, et non comme point de départ.

     Yun Hyong-keun, Untitled 93-77, 1993

    Yun Hyong-keun, Untitled 93-77, 1993, Huile sur lin, 160.4 x 112 cm

     Yun Hyong-keun, Burnt Umber & Ultramarine, 1987

    Yun Hyong-keun, Burnt Umber & Ultramarine, 1987, Huile sur Hanji, 64 x 95 cm


    Chung Chang-Sup (1927–2011) - 정창섭

    Chung Chang-Sup, pendant sa jeunesse, fut grandement marqué par la lumière du soleil traversant les fenêtres recouvertes de Hanji. "À travers la feuille de papier tak, on perçoit distinctement le vent, la lumière et le passage du temps à l'extérieur de la pièce, ce qui nous permet de ressentir à la fois l'intérieur et l'extérieur. C'est le royaume de la création, sans l'intention de créer." disait-il. C'est ce paradoxe qu'il cherchera à peindre toute sa vie.

    Le hanji, aussi appelé tak, deviendra ainsi le matériau principal de son œuvre. Il le fait tremper dans l'eau jusqu'à ce qu'il redevienne pulpe, un peu comme le faisait Park Seo-Bo, puis le modèle directement sur la toile. Dans sa série "Tak", pas de pinceau, ni de pigment ajouté. La matière se dépose, sèche, et prend la forme que l'eau et le temps lui donnent. Ses œuvres ont ainsi été appelées des "peintures non peintes".

    Sa série Meditation, commencée dans les années 1990, pousse cette logique encore plus loin. En mêlant les fibres du hanji avec des pigments naturels (charbon, feuilles de tabac) il crée des textures qui évoquent moins une toile qu'un fragment du vivant (peau animale, écorce). Sur ces surfaces, il trace également des formes géométriques simples, d'un geste lent, répétées inlassablement. Un geste intérieur, un geste méditatif.

     Chung Chang-Sup, Tak 88001, 1988

    Chung Chang-Sup, Tak 88001, 1988. Fibre Tak sur coton, 97.2 x 130 cm

     Chung Chang-Sup, Meditation 91101, 1991

    Chung Chang-Sup, Meditation 91101, 1991. Technique mixte avec papier coréen, 110 x 200 cm


    Chung Sang-Hwa (1932-2026) - 정상화

    Chung Sang-Hwa a consacré sa vie à une seule question : Comment dépasser la bidimensionnalité de la toile sans pour autant l'abandonner ? 

    Sa réponse il l'exprime à travers sa méthodologie : "arracher" et "repeindre". Il commence par enduire la toile d'une épaisse couche d'argile kaolin mélangée à de l'eau. Une fois sèche, il détache la toile de son châssis, la plie selon une grille régulière, et laisse la surface se fissurer. Il arrache ensuite les éclats de kaolin et remplit les failles avec de la peinture acrylique. Ce cycle, enduire, sécher, plier, fissurer, arracher, remplir, se répète pendant des semaines, des mois, jusqu'à ce qu'une grille émerge. Il est important pour lui que le résultat soit le résidu du processus lui-même. "Accomplir la même action encore et encore jusqu'à l'absurdité, c'est ce qui définit mon travail", disait-il.

    Comme pour la plupart des artistes précédents, cette répétition du geste est pour lui un moyen de cultiver son vide intérieur. Il le décrit ainsi : "À chaque instant de mon travail, je m'immergeais dans la surface avec une concentration intense, et plus la concentration s'approfondissait, plus mon moi intérieur se vidait calmement." La grille n'est donc plus juste un motif mais l'empreinte du vide intérieur de l'artiste.

     Chung Sang-Hwa, Untitled 017-11-3, 2017

    Chung Sang-Hwa, Untitled 017-11-3, 2017, Acrylique et kaolin sur toile, 130,3 x 97 cm

     Chung Sang-Hwa, Untitled 86-1-7, 1986

    Chung Sang-Hwa, Untitled 86-1-7, 1986, Acrylique et kaolin sur toile, 227,3 x 181,8 cm


    Lee Dong-Youb (1946-2013) - 이동엽

    Lee Dong-Youb était le plus jeune participant de l'exposition "Five Korean Artists, Five Kinds of White" à la Tokyo Gallery. Il avait 29 ans. Et pendant cinquante ans, il n'a peint que du blanc sur blanc.

    Le blanc, huinsek (흰색) en coréen, est pour lui "une zone de néant", "un vide pour la conscience". Mais ici il parle du blanc comme d'une couleur construite. "Mon blanc n'est pas la couleur d'un tube, c'est la couleur d'une palette". C'est le résultat d'une accumulation de couches successives, de mélanges, et de temps. Ses toiles sont des champs quasi monochromes qui deviennent alors des vaisseaux pour la pensée.

    Ce vide contemplatif rappelle au spectateur qu'il est un acteur et que c'est à lui de donner sens, réflexions et interprétations à l'œuvre. Là où les autres artistes du Dansaekhwa accomplissaient leur geste pour vider leur propre esprit, Lee Dong-Youb offrait ce vide au regard de l'autre. Sa toile n'est pas une fin mais une ouverture.

     Lee Dong-Youb, Situation B, 1974

    Lee Dong-Youb, Situation B, 1974, Huile sur toile, 100 x 80 cm

     Lee Dong-Youb, Interspace, 1987-1988

    Lee Dong-Youb, Interspace, 1987-1988, Huile sur toile, 71,7 x 60 cm


    Sources :

    Dansaekhwa :
    - https://ocula.com/artworks/selections/dansaekhwa/
    - https://en.wikipedia.org/wiki/Lee_Yil
    - https://ambikarajgopal.co/2017/06/09/dansaekhwa-less-is-more/
    - https://blog.singulart.com/en/2020/10/08/dansaekhwa-exploring-the-korean-monochrome-art-movement/

    Minjung Art :
    - https://en.wikipedia.org/wiki/Minjung_art
    - https://koreanstudies.com/minjungart/

    Park Seo-Bo :
    - https://psbf.kr/story/?idx=10438869&bmode=view
    - https://www.perrotin.com/en/media/ecriture-at-perrotin-new-york
    - https://publicdelivery.org/park-seo-bo-ecriture/
    - https://www.whitecube.com/gallery-exhibitions/park-seo-bo-paris-2026
    - https://www.youtube.com/watch?v=oywnKMASGck (In the Studio: Park Seo-Bo | White Cube)
    - https://www.youtube.com/watch?v=m--qwpL6G38 (Park Seo-Bo 박서보, Artist Interview, 2019-20)

    Kim Tschang-Yeul :
    - https://www.frieze.com/article/frieze-week-magazine-seoul-2025-kim-tschang-yeul
    - https://www.koreatimes.co.kr/lifestyle/arts-theater/20250828/frieze-2025-kim-tschang-yeul-the-painter-who-made-fleeting-waterdrops-eternal
    - https://www.alminerech.com/exhibitions/1110-kim-tschang-yeul-water-drops

    Ha Chong-Hyun :
    - https://www.conjunction1935.com/biography
    - https://www.kukjegallery.com/artists/view?seq=344
    - https://www.youtube.com/watch?v=sipDRFRbmUU (Studio Visit | Ha Chong-Hyun)
    - https://www.koreaherald.com/article/10564896
    - https://tinakimgallery.com/news/192-amid-renewed-interest-in-korean-dansaekhwa-art-ha-artsy/

    Yun Hyong-Keun
    :
    - https://www.hastingscontemporary.org/events/yun-hyong-keun/
    - https://www.axel-vervoordt.com/gallery/artists/yun-hyong-keun
    - https://en.namu.wiki/w/%EC%B2%9C%EC%A7%80%EC%9D%B8 (Cheon-ji-in)

    Chung Chang-Sup :
    - https://ocula.com/artists/chung-chang-sup/
    - https://www.axel-vervoordt.com/gallery/artists/chang-sup-chung
    - https://www.artsy.net/artist/chung-chang-sup

    Chung Sang-Hwa :
    - https://www.koreaherald.com/article/10666460
    - https://www.koreatimes.co.kr/lifestyle/arts-theater/20260128/dansaekhwa-artist-chung-sang-hwa-dies-at-93

    Lee Dong-Youb
    :
    - https://ocula.com/artists/lee-dong-youb/
    - https://en.wikipedia.org/wiki/Lee_Dong-youb
    - https://www.youtube.com/watch?v=yGniUPcXUkQ (The Origin of Dansaekhwa : LEE Dong-youb (이동엽) 'White is a Void for Consciousness' | Riveruns)



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